Elle n’est pas belle mon écologie ? Auparavant, lorsqu’on évoquait l’écologie, on imaginait militer pour le recule du béton et le retour de la verdure, la protection des espèces et leur démultiplication, des insectes aux oiseaux, des salamandres aux écureuils, des guêpes aux loups ; on imaginait pouvoir étendre les espaces incultes, pacifier les zones cultivées, harmoniser les besoins humains au respect d’une nature nous préexistant et dont nous dépendons ; on imaginait s’en prendre à la déforestation, à l’empoisonnement de sols et la disparition du garde-manger planétaire que sont les insectes par les pesticides ; on envisageait la raréfaction des bruyants moteurs, le recule du béton autour des lacs, la disparition de la suie toxique de la combustion du pétrole par l’électrique non polluant ; on imaginait le retour des paysages, le contrôle des zones touristiques surpeuplées, des limitations aux permis de construire abusifs à flanc de montagne et nous avons du béton, de l’acier, et de bruyantes pâles d’éoliennes à la place du silence adamique ; on imaginait qu’on allait protéger la nature, dans sa réalité, l’écosystème des forêts, des lacs, des champs ; amender toute industrie déversant ses déchets toxiques dans la terre ou les cours d’eau ; proposer une révolution complète dans le traitement des animaux d’élevage comme dans leur mise à mort ; mais au lieu de militer dans tous ces domaines concrets et spécifiques, certains ont inventé une menace invisible (dite climatique) permettant de s’exciter en milliers de milliards de dollars à la poursuite d’un gaz (Co2) invisible, inodore, dont la faune et la flore raffole, que nous expirons tous du ver de terre à l’homme, et dont nous n’aurons jamais la moindre gestion planétaire – sinon financière.

A la manière d’un formidable moyen de diversion, le Co2 occulte comme par magie tous les vrais problèmes écologiques précités. Le changement climatique, dont rien n’indique qu’il ne soit pas d’origine naturelle, sert d’alibi pour qu’on ne parle plus du tout des ravages directs de l’homme sur son environnement. Demandez-vous pourquoi chefs d’Etat et oligarques, boursicoteurs et entrepreneurs, directeurs de banque et traders, tous souscrivent à la lutte contre un gaz volatil moins problématique pour l’effet de serre que la vapeur d’eau. Les disciples de sainte Greta sont tous à Davos comme au G7, et ça n’étonne personne ; ils sont même défendus becs et ongles par la censure des géants de la Silicon Valley. Toute la crème des puissants du monde, la World Compagny des Guignols de l’Info, tient la main de Greta à destination de l’éradication de la méchante molécule.

La véritable écologie, celle qui s’occupe des problèmes réels et immédiats, a cédé la place à une fabuleuse diversion économique par des Etats surendettés en quête du moindre prétexte pour investir dans une industrie lourde et lucrative. Une écologie à ce point mercantile et financière qu’elle se lance tout droit dans un eldorado industriel nous promettant une aggravation certaine des pathologies alimentaires et physiologiques par rupture radicale d’avec la nature. Plutôt que de limiter les naissances, on nous prépare un univers de synthèse pour tenir sans famines et sans guerres civiles sur une terre non-extensible mais avec une humanité à la démographie infinie. L’industrie chimique se trouve aux premières lignes de l’antinature promue par l’écologie industrielle : voici venir du miel de synthèse se passant du travail des abeilles, de la viande entièrement chimique n’ayant jamais appartenu à aucun animal vivant, des fruits ne devant leurs arômes qu’à des champignons, des substances de synthèse n’ayant jamais appartenu à aucun fruit, du saumon sans saumon imprimé par rouleau en 3D, des crevettes et des œufs à base de plantes, etc. Or, la viande de laboratoire comme la nourriture d’éprouvettes ne sont pas de la nourriture mais des fakefood. De faux aliments qui ne contiendront aucune des vitamines et des nutriments dont nous avons besoin pour la santé du corps ; n’imaginez pas que l’on puisse créer de toute pièce l’infinie richesse des composants alimentaires de la nature dans des éprouvettes de laboratoire. Cette nourriture pour pauvres qui n’auront pas les moyens de se payer des aliments authentiques, aboutira sur ce que l’on observe déjà : un accroissement des carences graves et des maladies physiologiques.

Nommer écologie une révolution industrielle de la chimie alimentaire, est un renversement complet de l’écologie au profit du commerce libéral le plus sauvage et agressif, et proprement contre-nature. Ceux qui ne boycotteront pas les faux aliments de l’industrie chimique (encore faudra-t-il en avoir les moyens) le paieront en frais médicaux. Les futurs scandales de santé publique sont donc désormais portés par les écologistes eux-mêmes. Même les médecins se taisent ; il faut avouer que cette mauvaise hygiène alimentaire leur apportera un nombre considérable de patients. Je veux bien qu’on nous rabatte les oreilles à longueur de journées avec un gaz inoffensif suffisamment rare dans l’air (0,04 %) pour que même les pompes islandaises destinées à le stocker imaginent mal pouvoir en concentrer le moindre échantillon, mais je pose la question : où est l’écologie là-dedans ?

Cette formidable diversion permet d’amuser la galerie et réjouir investisseurs et banques mondiales à la poursuite d’un vent lucratif occultant tous les vrais problèmes écologiques de la planète. Et pendant ce temps, entre énergies intermittentes et polluantes car hautement techniques, faisant gonfler la facture de tout un chacun, y compris ceux qui n’ont ni voiture, ni commerce, ni deux pièces, l’écologie de luxe se voit sommée tout récemment de cesser ses enfantillages car d’ici à 2025, comme l’indique Le Temps (18.10.21), la Suisse n’aura plus d’électricité suffisante pour supporter l’hiver. On ne peut pas être plus au pied du mur lorsque la mission essentielle de toute planification énergétique se heurte à sa principale finalité : assurer à tous l’énergie nécessaire pour vivre et se chauffer. Non seulement les suisses se refusent déjà à payer davantage pour des énergies précaires, mais on sait désormais qu’avec tout ce qui fut déjà réalisé, on ne s’en sortira pas. Gaz et nucléaire vont devoir, par pragmatisme, être déployés envers et contre la doxa.

En outre, comme le fait remarquer Economiesuisse, dépendre de l’étranger alors que les partenariats n’ont jamais été aussi incertains qu’aujourd’hui, est une très mauvaise idée – et ce n’est pas tous les jours qu’une association économique des grandes entreprises, généralement ultralibérale, propose d’adopter la même ligne de conduite que la Corée du Nord : miser sur un maximum d’autosuffisance énergétique. Face aux périls, les jérémiades idéalistes cèdent la place à la raison pratique. Que ce soit en France comme en Allemagne, le retour au nucléaire et au gaz s’effectue face à une urgence qui ne tolère plus le bric-à-brac utopique. Non seulement le solaire et l’éolien sont inefficaces, mais l’hydraulique, on le dit peu, par l’effet des barrages, détruit les rivières en les asséchant. Nous découvrirons à l’usage si la géothermie ne déclenche pas tremblements terres en série, elle qui a déjà pour habitude de fissurer des bâtiments. Et quand bien même nous nous lancerions dans la sous-enchère énergétique, l’ensemble des solutions vertes ne représentent que 6 % des énergies existantes. En bref, elles n’existent pas et sont aussi imperceptibles que le Co2 dans l’air. On ne peut pas tout avoir : plus de démographie et de demandes avec des énergies inférieures. Il n’existe pas d’alternative en Suisse à l’hydraulique et au nucléaire, sinon le gaz, et je ne voudrais pas être à la place de ces vendeurs de songes qui devront expliquer à des jeunes générations endoctrinées jusqu’au biberon par la liqueur verte, que tout cela ne fut qu’un Disneyland pour adultes. Peut-être les consolerons-nous en leur rapportant que le nucléaire et l’hydraulique représentent 75 % de l’énergie entièrement décarbonée d’une Suisse plus verte qu’ils ne le croient – qui dit mieux ?