On connaît la justification habituelle des autorités quant à l’imposition d’un passe sanitaire ou de l’obligation d’un confinement généralisé, la saturation des hôpitaux. C’est l’épicentre de la justification pour engager le politique à prendre toutes les mesures possibles pour éviter le pire. Personne ne s’interroge pourtant sur le manque de moyens des hôpitaux. On peut lire dans Le Temps (25.09.21) qu’aux HUG à Genève, il suffit de 12 personnes aux soins intensifs (pour le demi-million d’habitants que compte le canton) pour décréter la saturation du service… Le service ne saurait accueillir que trente personnes dans sa totalité, alors que d’autres urgences ont bien évidemment cours durant la pandémie. 12 personnes sur plus de 500’000 résidents nous obligent donc au confinement généralisé ou à l’imposition d’un passe désocialisant. Il est donc légitime de se demander si les citoyens soumis aux mesures de confinements ou d’exclusions sociales le sont bien pour des raisons pandémiques… Il est possible aussi que l’on fasse tout bonnement payer à la population une austérité imposée aux services publics les rendant inaptes à prendre en charge une douzaine de patients à la fois…

On nous l’a pourtant répété tout du long de la pandémie : on ne confine ou impose le passe sanitaire que parce que les services d’urgence sont saturés ; mais on ne nous avait pas dit qu’il suffisait d’une poignée de malades pour saturer tout un canton, et de quelques centaines pour paralyser 8 millions d’habitants. Nous savons aujourd’hui par expérience que hormis quelques allergiques, les vaccins utilisés ne sont pas des substances dangereuses mais des occasions de diminuer les risques de complications. En revanche, la question du passe sanitaire soulève d’autres problématiques, et lorsqu’on observe que les pays les plus vaccinés au monde, comme Israël, n’assistent à aucune rémission de l’épidémie et imposent désormais une troisième dose qui ne fera que prolonger un peu plus une protection limitée, on peut se demander l’intérêt d’un passe lorsque les vaccinés sont tout autant malades et propagateurs du virus que les non-vaccinés, moyennant une simple baisse de virulence. Entre non-vaccinés et vaccinés, une seule chose change : l’étendue du risque. Hormis cette précaution, même les détenteurs du passe ne devraient pas se soustraire aux gestes barrières ou au port du masque puisque le vaccin, atténue, mais ne protège pas.

Le passe semble surtout se résumer à un moyen de chantage à l’égard des non-vaccinés, bien plutôt que de bénéficier d’une réelle efficacité. On s’acharne ainsi sur des non vaccinés qui n’ont pas entièrement tort dans leurs critiques de la gestion pandémique, alors que le problème se pose aussi vis-à-vis des instances scientifiques et politiques qui ont ruiné leur crédit, et qui ne parviennent pas à retrouver une once de crédibilité aux yeux d’une frange importante de la population. Le système de santé suisse est ainsi fait qu’il donne la part belle aux intérêts économiques ; on consomme de la médecine comme on consomme des biens de consommation ; plus on consomme, et à tout âge, mieux cela vaut pour le système. Plusieurs rendez-vous chez le médecin dans l’année sont devenus la norme pour un jeune homme de moins de 30 ans en pleine santé. A force de gavage médicamenteux, le citoyen drogué devient méfiant ; il ne saurait l’être davantage lorsque l’Etat se mêle de lui imposer sous la contrainte une consommation assurant à une entreprise privée des milliards de bénéfices. Des spécialistes ont beau expliquer que les anticorps sont présents plus d’un an après la guérison, que la mémoire immunitaire protégerait même au-delà de l’absence de visibilité des anticorps dans le sang, la troisième dose se profile à l’horizon, en attendant la quatrième. Quant à la dérive autoritaire, elle est bien réelle, puisque la région de Hesse en Allemagne a récemment décidé d’autoriser les commerces de première nécessité d’interdire leur accès aux non-vaccinés. On se réjouit d’envoyer des brigades humanitaires en Allemagne pour prendre soin des bien-portants.