Un petit exemple frappant que l’on découvrira dans Le Temps (09.11.2021) de manipulation par l’image à des fins pécuniaires autour du changement climatique. Comme chacun commence à le savoir, le changement climatique, qui fait l’évidence, n’est toutefois plébiscité que pour des raisons économiques, de développements techniques et autres eldorados financiers et industriels. Le ministre des affaires étrangères du Tuvalu a fait très fort tout récemment, où ce dernier, photo à l’appui, a décidé d’adresser une demande d’argent (pour ne pas dire de rançon) aux pays riches, le sourire aux lèvres et les pieds dans l’eau, afin de bien marquer le coup. Immergé lui et son pupitre à hauteur des genoux, le message se voulait clair et bien rôdé : les océans montent, envahissent les terres ; il faut agir vite en commençant par de copieux financements car nous, insulaires, allons disparaître à cause de vous, pollueurs continentaux ; les grands pourvoyeurs de Co2 n’étant pas situés dans les archipels.

Le procédé par l’image de ce monsieur est d’autant plus révélateur de la manipulation que les scientifiques estiment à tout au plus quatre centimètres, l’élévation des eaux depuis un siècle, assurément pas de quoi faire monter le niveau de l’eau jusqu’au genou ou d’ensevelir le Tuvalu. En revanche, on sait que les milieux insulaires et les archipels sont moins gouvernés par la montée des eaux (sauf en cas de marées lunaires et solaires) que par la géologie et la tectonique qui opère dans la disparition ou l’apparition d’îles, dans la plupart des cas, pour des raisons volcaniques et sismiques. Une fois l’île ou l’archipel apparu suite à d’anciennes éruptions marines, cette dernière a tendance à s’éroder avec le temps et à sombrer peu à peu dans l’océan qui l’a vu naître. Par conséquent, faire passer une dramatique montée des eaux pour un péril climatique réclamant un versement sonnant et trébuchant d’argent, quand il ne s’agit rien de plus que d’une érosion naturelle, cela s’apparente moins à une lutte climatique qu’à un chantage économique. Le copieux sourire du ministre de l’archipel tuvaluan nous épargnera de trop lui en vouloir puisqu’il nous permet mieux encore de mettre en lumière dans sa part la plus farcesque, la malhonnêteté du péril climatique, instrumentalisé de toute part.

Signalons qu’un article de 2018 de la RTS, basé sur une étude de Nature et communication, démontrait que l’archipel Tuvalu voyait au contraire une augmentation de 2,9 % de ses terres émergées, soit le contraire même de ce qu’affirme aujourd’hui un archipel en mal de financements.  On voit bien ainsi d’où proviennent les fausses nouvelles, y compris scientifiques, des intérêts économiques que la presse reconduit sans la moindre analyse critique, photo « truquée » à l’appui. Les journalistes sont donc tout autant abusés que les peuples dans cette affaire d’escroquerie climatique où un phénomène réel dont on ne sait quasiment rien de ses origines et de ses conséquences, est instrumentalisé par des peurs sans objets, dépourvues à ce jour de finalité catastrophique, afin de soutirer tout l’argent possible à un maximum d’Etat. Une chose est désormais acquise : la désinformation est intéressée et de nature moins populiste qu’économique.