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Le Regard libre, c’est un mensuel qui, au départ, fut l’entreprise audacieuse d’une poignée d’étudiants avides de changer les choses, ou du moins, d’apporter du neuf à l’information, sans s’attendre à ce qui en adviendra. Depuis 2014, les plumes se sont rôdées, les analyses peaufinées, et le résultat est là : ce magazine d’étudiant s’apprête à faire son entrée dans les kiosques dès septembre, franchissant ainsi un pas décisif dans sa renommée, comme en témoigne son lectorat grandissant. Fort heureusement, il ne s’agit pas d’un magazine d’information, car autant nous croulons sous l’information, autant nous n’en apprenons plus rien sinon un long catalogue de faits sans explications, sans compréhensions possibles, avec en prime, tous les mots d’ordre et les avis d’obtempérer des lobbies du moment.

L’objectivité des faits est une dimension, certes, factuelle de l’information, mais dépourvue de sens faute d’analyse. La force du Regard libre est donc tout entière dans sa réflexion, son parti pris culturel, sa nature de média de réflexion plus que d’information. L’information est sa nourriture, la réflexion, son apport, la culture, son âme, pour ne pas dire son humanisme ; la rédaction est donc ainsi composée de plumes très différentes entre elles dont il n’est pas toujours aisé de déceler l’orientation politique, et ce pour la raison que la réflexion libre prime sur l’orientation politique. Le magazine ne s’attachera que les lecteurs avides d’intelligence et se débarrassera sans sourciller des militants, ce qui profitera d’autant à ladite intelligence.

La couleur politique du Regard libre est donc aussi clairsemée que ses contributions, allant, ce me semble, de l’extrême gauche à la droite nationaliste, du libéralisme au socialisme, chacun au service moins d’un parti que d’un souci commun de réfléchir sur l’actualité avec philosophie et panache (style). La quête du vrai l’emportant sur le clivage politique. Le Regard libre est donc à lui seul une agora démocratique, renforcée et soutenue plus encore par l’exigence du contenu. C’est d’ailleurs ce dernier qui fédère en son sein toutes ces signatures opposées, là où une couleur politique unique aurait rabattu l’expérience sur la seule idéologie.

Nul doute qu’il œuvre désormais sur un terrain vierge qui ne gagne qu’à attirer à lui tous les déçus de la presse traditionnelle, aussi fade que vaine, s’illustrant davantage en relais des propagandes politiques et économiques, – la bien-pensance n’étant pas apolitique -, et gageons que cette exclusivité lui attire à foison un nombre grandissants d’abonnés, suscitant à la fois le soutien de personnalités importantes que la mise au ban des médias conventionnels – nous ne nous en étonnerons pas. C’est même d’ailleurs une très bonne chose… Longue vie (j’allais dire : longue vue) au Regard libre !