La théorie non pas du changement climatique, qui est une réalité factuelle et permanente du climat, mais de la cause anthropique est en réalité une erreur d’heuristique. L’heuristique est nécessaire à la science pour lui donner un cap sur lequel orienter sa recherche et lui donner un sens, mais c’est aussi la plus efficace des œillères. Une fois que l’on a établi un cap, on est moins sûr d’aller vers la connaissance que de conforter toujours les primats que l’on se sera donnés au préalable. Autrement dit, l’heuristique ne s’épargne pas les jugements préconçus ; et comment savoir, pour un savant, s’il est sur une voie prometteuse ou sur une impasse n’ayant de cesse que de se conforter elle-même plutôt que de se démentir ?

Tel est selon moi le grand problème de l’anthropocentrisme écologique ; l’écologie a replacé l’homme au centre de tout ; il est devenu l’égal d’un Dieu : il est tout, il peut tout, et il ne fait rien sinon le mal – cette contradiction pourrait pourtant nous inciter à penser que le primat du départ (l’omnipotence de l’homme) est fausse ; mais plutôt que de convenir que l’homme n’est rien ou sinon peu de chose pour la nature, les nouveaux évangélistes de l’heure conviennent bien plutôt de sa culpabilité. Les médias annoncent même désormais les victimes de catastrophes naturelles comme des victimes du changement climatique, ce qu’il faut comprendre par le fait que l’homme a désormais la mort de ses concitoyens sur la conscience. Que n’attend-t-on pour faire assassiner et fusiller sur le champ tous ceux qui ne font rien pour la planète ? Il y a urgence, quoi ! Encore que nombre d’écologistes considèrent à voix basse que l’accroissement de la mortalité humaine par vengeance de la nature à son endroit, va dans le bon sens : une baisse de la démographie. Ce qui n’est pas même le cas ; voilà qui est étrange pour une espèce menacée que de tendre au dix milliardième de ses congénères avec une démocratisation croissante des centenaires…

La définition du Robert nous donne pourtant raison puisqu’elle affirme clairement que l’heuristique n’est pas une affaire de vérité ou d’erreur mais de cadre théorique ; on prend ainsi un point de vue heuristique qui prévaut sur les faits (la responsabilité de l’homme dans le changement climatique) et on soumet tous les faits constatés comme étant nécessairement liés au premier primat qui pourtant s’avère moins scientifique que moral. On fustige en permanence l’activité humaine, jusqu’à sa respiration corporelle, tout en le sommant de ne plus laisser de trace carbone (de ne plus exister ?), sans s’apercevoir que l’heuristique qui soutient la science climatique repose moins sur des faits que sur des objurgations, des sanctions, et une pénitence. Nous connaissons bien les liens étroits qui rattachaient le positivisme à la religion, le progrès à la téléologie chrétienne, mais nous sommes surpris de constater que l’heuristique occidentale est toujours chrétienne, fût-ce repeinte aux couleurs de la science. Une science tout aussi peu objective que le journalisme, puisque l’objectivité scientifique a un étrange penchant à juger, condamner, menacer, militer, exclure, ostraciser, combattre, lutter, porter plainte, et adopter les mêmes méthodes que la basse politique.

Grâce à l’heuristique, comme le disait Feyerabend, toutes les mesures factuelles qui donnent tort aux primats de recherche, sont systématiquement écartés et niés afin de conforter autant que possible le modèle dominant. Un chercheur peut très bien reconnaître quelques erreurs au sein de son système d’interprétation, mais pas une institution entière copieusement financée depuis des décennies, et dont les erreurs ne sont pas des détails du système, mais le principe sur lequel toute l’institution repose. Dans ce cas précis, en effet, les intérêts étant de trop engagés, l’heuristique ne saurait avoir d’autre valeur que celle d’un dogme.

Ce lundi 9 août 2021, le GIEC vient de faire paraître un nouveau rapport qui se nourrit d’événements circonstanciés (feux de forêt, tempêtes, inondations), événements qui me sont familiers depuis l’enfance, même remarque pour mes parents, et qui permettent de surfer habilement sur la catastrophe annoncée. Que les scientifiques ne cessent de répéter que le réchauffement ne saurait être visible et démontré sur un événement mais sur de longues périodes, rien n’y fait. La propagande médiatique et ses facilités prime sur l’autorité scientifique. Et qui dit réchauffement, puisqu’il est démontré qu’il y a bien réchauffement depuis les années 1970, dit bien évidemment feux plus fréquents, inondations plus importantes, éboulements de montagne, fonte de certains glaciers, etc. Rien de neuf sous le soleil et lorsque le refroidissement recommencera son cycle d’éternel retour, nous aurons à souffrir les calamités inverses : pertes de récolte, agriculture en souffrance, dangerosité du verglas et de la neige, problèmes sociaux liés aux froids extrêmes, notamment les vagabonds et les sans-domiciles.

Ce n’est pas le climat qui se dérègle, mais l’homme que le moindre changement affole ; la politique et l’économie ont pris le pas sur l’intelligence et l’on voit même des prix Nobel s’illustrer davantage en militants qu’en sceptiques. Les Lumières sont bien mortes, Descartes, Locke et Hume en tête. Nombre d’activistes projettent leurs paranoïas anthropophobes en lieu et place de constats objectifs. Combien de gens savent que les feux de forêts ne font pas mourir les arbres ni les plantes dont les racines sont sous la terre ? Qu’après l’incendie, comme après l’hiver, la même forêt sera plus exubérante encore qu’au préalable. Quant aux animaux, ils fuient. L’accroissement des feux en raison du réchauffement naturel du climat n’est donc problématique que pour les hommes et leurs installations coûteuses et sédentaires. Comment les climatologues peuvent-ils annoncer la fin du Gulf Stream alors que la météo se trompe régulièrement pour quelques jours de prévision ? Le climat n’aurait  jamais été aussi chaud depuis 100’000 ans – ce qui est faux car le Groenland était vert au Moyen-Age et qu’on y pratiquait l’agriculture ; de mémoire d’homme contemporain, personne n’a jamais vu ça. Et il faut dire également que la dernière glaciation, qui a duré 100’000 ans, s’avère bien commode pour frapper les esprits durant la période chaude et interglaciaire qui est la nôtre, car il est normal qu’il fasse chaud en période interglaciaire ! Le GIEC considère manifestement le climat tropical comme étant celui de la fin du monde alors qu’il grouille de vie, autant que devait grouiller de vie le Carbonifère et ses hôtes gigantesques.

Après tout un listing de catastrophes qui ne se décline que dans les prévisions, pour ne pas dire la prophétie, mais fort peu dans les faits, à moins de transformer comme le GIEC le fait, les centimètres en mètres comme d’autres multipliaient les pains, le climatologue Christophe Cassou a toutefois le mérite de vendre la mèche sans s’en rendre compte lui-même en disant : « Nous entrons en terre inconnue ». Alors à quoi servent vos prévisions apocalyptiques si vous ne savez pas vers quoi nous allons ? Le GIEC a besoin de sous, la Banque mondiale l’a dit récemment à sa manière : la nouvelle révolution industrielle (verte) ne doit pas attendre car l’endettement mondial est bien plus élevé que le mercure.