La Confédération a fait son choix, elle rejette toute opportunité de serveurs suisses pour y abriter ses données confidentielles (Cloud). Exit Infomaniak et autres hébergeurs helvétiques, nos sages ont opté pour Microsoft, Amazon, IBM, jusqu’au chinois Alibaba, pour accueillir leurs données. Pour un pays qui s’empresse d’acheter des avions américains sous le nez de l’Europe sur pression de ceux qui viennent également de renvoyer la France à sa Provence en leur retirant une cinquantaine de milliards au profit des australiens, nous n’en serons guère étonnés. Qu’il en aille de la France comme de l’UE, de la Suisse comme de l’Allemagne, la moindre velléité d’indépendance à l’égard des intérêts américains est immédiatement sanctionnée d’une  manière ou d’une autre. La Chine comme la Russie sont régulièrement renvoyées dans leurs cordes, lors de marchés juteux, dont les parties flouées ont toutes dénoncé les manœuvres outre-Atlantique comme étant à l’origine de ces revirements inattendus.

Fi des scandales d’écoutes, de pays sous influence, Crypto par-ci, CIA par-là, Pégasus en sus, la Suisse offrira directement ses données à des entreprises américaines et chinoises, ce qui lui évitera d’avoir à justifier des choix nationaux susceptibles de déplaire à nos puissants partenaires. Le choix d’hébergeurs helvétiques aurait non seulement démontré que la Suisse bénéficie d’une authentique fierté dans ce domaine, en même temps que d’une autonomie de choix manifeste, à défaut d’illustrer une fois de plus que sa neutralité s’opère avant tout avec un pied dans la porte. Le plus grave n’étant pas d’offrir sur un plateau nos données à ceux qui déjà nous écoutent, mais d’accorder à des entreprises connues pour leur censure injustifiée, d’intervenir à loisir sur nos données nationales. Qu’on ne vienne pas nous dire que l’Europe n’aime plus sa liberté d’expression ; elle n’a d’autres soucis que de la brader à vils prix.